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Histoire des Rosières
De 1821 à 2025, 379 Rosières se sont mariées à La Mothe St Héray.
Charles Benjamin Chameau et son testament
Le 23 avril 1749 naît à La Mothe Charles Benjamin Chameau, quatrième fils de Pierre Chameau, sieur des Ortioux, marchand de draps et de soie. La famille Chameau, selon Jules Richard, est honorablement citée dès le XIVe siècle dans quelques vieilles chartes du château de La Mothe. C’est donc une des familles bourgeoises les plus anciennes du pays. C’est aussi l’une des plus aisées.


Charles Benjamin Chameau, très lié avec le vicomte de Carmoisin, fils du seigneur de La Mothe, part à Poitiers terminer ses études et y faire son droit puis, il rejoint son ami à Paris.
Il devient avocat au parlement de Paris et se fait rapidement une bonne clientèle. Assez versatile politiquement, il fait preuve par ailleurs d’un fond inépuisable d’obligeance. Spéculant en bourse, il est assez heureux pour amasser une belle fortune qu’il perd dans la banqueroute qui précède la révolution. Se raidissant contre la mauvaise fortune, il redouble d’ardeur au travail et, en 10 ans, se refait une très honnête aisance.
Le 7 août 1811, il perd son frère, Pierre Thomas Chameau, chanoine de la cathédrale de Poitiers et, entre autre, chapelain de la chapelle de Château Tison desservie par le château de La Mothe. Charles Benjamin compte en hériter mais, son frère l’a déshérité au profit de ses deux nièces. Profondément affecté, il dicte quelques années plus tard un testament par lequel il déshérite lui-même celles qu’il accuse de l’avoir dépouillé et dote son pays natal auquel il est resté profondément attaché. Pour mieux accentuer son ressentiment, il fait à chacun de leurs trois enfants don de 100 francs de rente viagère, rente qui est encore servie par l’administration des Rosières à la dernière survivante jusqu’à la fin du XIXe siècle.
C’est donc non à un pur élan de générosité mais, tout au moins partiellement, à l’assouvissement d’une rancune que La Mothe doit sa grande fête locale mais, comme l’écrit H. Caillon dans son étude Charles Benjamin Chameau et les Rosières de La Mothe Saint-Héray en 1891 : « Les ombres au tableau ne l’empêcheront pas de rester, entre tous, le premier et le plus grand bienfaiteur de La Mothe ».
Il dictera son testament le lundi 15 janvier 1816 à Maître Viénot, notaire royal. Il décèdera le 10 décembre 1816 à l’âge de 67 ans. Cinq années seront nécessaires à l’organisation de l’établissement des Rosières.
Le testament : le règlement de l’établissement des Rosières
Règlement
Sur l’établissement de Bienfaisance institué par feu Mr Charles Benjamin Chameau ayant pour objet le mariage annuel de trois jeunes filles dans la commune de La Mothe St Heraye, département des Deux-Sèvres.
Article premier – Conformément au testament notarié de Mr Charles Benjamin Chameau du 15 janvier 1816 et à l’ordonnance du Roi du 7 août 1817, il sera marié tous les ans et à perpétuité dans la commune de La Mothe St Héraye, Département des Deux-Sèvres, trois rosières qui seront dotées le jour de leur mariage par l’établissement de bienfaisance dont il sera ci-après parlé.
Article 2 – Ces rosières seront choisies dans la classe la plus indigente et parmi les jeunes filles qui seront reconnues avoir, depuis leur première Communion, donné le plus de preuves, par leurs actions, de l’accomplissement de leurs devoirs envers Dieu, la patrie et le souverain, leurs parents et l’humanité et qui seront sages et laborieuses.
Article 3 – Ces mariages seront célébrés à l’église par Mr le curé de la paroisse avec ceux qu’elles auront choisies de l’agrément de leurs parents et avec l’approbation des administrateurs de l’établissement.
Article 4 – L’époque de leur célébration fixée au second lundi de juillet de chaque année.
Article 5 – Le jour de la cérémonie les trois jeunes mariées seront vêtues de blanc, la tête ornée d’une rose blanche naturelle ou artificielle, elles seront conduites à l’Eglise par le maire avec leurs futurs et leurs parents pour y recevoir la bénédiction nuptiale.
Article 6 – Chaque rosière recevra en dot le jour de son mariage le tiers des revenus net des biens fonds et arrérages de rentes dont l’établissement est et sera propriétaire, en vertu du testament du dit sieur Chameau et de l’ordonnance royale précitée.
Article 7 – Cette dot, qui s’élèvera pour chacune à la somme de six cents francs au moins, leur sera payée par le trésorier du bureau sur le mandat des administrateurs.
Article 8 – S’il arrivait qu’on ne trouva pas suffisamment de filles ayant les qualités requises dans la commune, les administrateurs et les dames pourront en choisir dans le canton.
La maison des Rosières
L’actuelle maison des Rosières, que les touristes peuvent admirer, n’est pas le bâtiment d’origine dont Charles Benjamin Chameau a fait don à sa commune natale.
L’immeuble d’origine, loué depuis 1816 a été réparé à plusieurs reprises. Mais, ce n’était que des réparations partielles et le bâtiment demandait à être totalement restauré. Après l’échec de plusieurs projets de restauration, la nouvelle maison des Rosières est solennellement inaugurée le deuxième lundi de septembre 1888. En 1891, on y place le buste de Charles Benjamin Chameau, œuvre du sculpteur Métivier, d’après la miniature donnée à l’établissement par la famille Chameau. Sous le balcon, une plaque de marbre, conformément au vœu du testateur, porte le nom de l’établissement.